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Livraison dans Paris : « Circulez, circulez ! »

Livraison Paris

Paris, capitale et département, conjugue un ensemble de difficultés et de contraintes pour ceux qui ont la charge de servir au mieux les clients. Nous avons rencontré Laurent Diab qui a la lourde responsabilité de l’exploitation sur les trois départements, 75, 94 et 93 et André Rafalimanana, qui depuis 25 ans livre et enlève les colis dans la folle circulation parisienne.

Laurent Diab

Si Laurent Diab est passionné de moto et de vélo, ce sont bien 100 à 120 tournées en camion qu’il organise au quotidien. Ouverte du lundi au samedi 14h00, l’Agence de Paris a une importante activité la nuit. Elle reçoit les arrivages des 110 agences et les tournées doivent être organisées pour les conducteurs qui arrivent dès 6h00 pour certains.

« La caractéristique principale de Paris est d’associer toutes les contraintes possibles en termes de livraisons. Dans la même tournée nous pouvons avoir des boutiques qui ouvrent à 10h00 ou 10h30, des entreprises qui ont impérativement besoin d’être livrées à 9h00, des particuliers absents et des volumes très différents. Par exemple, une parfumerie peut avoir des livraisons de faible volume un jour et le lendemain une opération commerciale avec de grandes PLV sur une palette complète. Cette notion de volume très variable est extrêmement importante du fait que nous utilisons de petits véhicules dans une circulation difficile à laquelle il faut ajouter les problèmes de stationnement dans toute la capitale et très particulièrement dans certains arrondissements. Très souvent, les places réservées aux livraisons sont occupées et nos conducteurs sont obligés de se garer relativement loin et de faire leurs livraisons au diable.

Aux contraintes des destinataires et aux volumes irréguliers, s’ajoute le délai d’approche de la zone de livraison, de l’arrondissement. Par exemple, entre l’agence à Bercy et le 16ème arrondissement, il n’y a que 7 à 8 km mais suivant les heures, il faut 1h00 à 1h30 pour parcourir cette distance. Ce problème se retrouve aussi lors des derniers enlèvements qui se font vers 17h00, à la sortie des bureaux.

Une autre servitude est générée par les manifestations diverses et variées. Quelles qu’en soient les raisons, il y en a un grand nombre impliquant plus ou moins de personnes mais générant de toute façon des difficultés de circulation. Les rues autour des manifestations peuvent être bloquées plusieurs heures de façon complète et constante, nos livreurs n’ayant aucun passe-droit pour accéder dans les quartiers concernés.

Enfin, l’augmentation des questions de sécurité est constante. Particulièrement lors des livraisons de galeries marchandes et dans des quartiers difficiles. Des équipes très organisées profitent du moment où le conducteur livre pour fracturer les véhicules et emporter le plus possible de marchandises. Sur certains secteurs, nous faisons intervenir notre service de sécurité ou nous mettons deux conducteurs pour que le camion ne reste jamais seul.»

André Rafalimana et son épouse Martine Rublier
Livraison France Express dans  Paris intra muros

André Rafalimanana connaît bien ces complications. Il les vit au quotidien depuis 25 ans et sa femme aussi. En effet, André a la particularité de partager son activité avec son épouse.

«J’ai commencé à travailler chez FRANCE EXPRESS avant elle. Elle avait déjà une activité de livraison et puis un jour, on s’est dit pourquoi ne pas travailler ensemble au sein du Réseau FRANCE EXPRESS. Je fais le 14ème arrondissement et elle les 6ème et 7ème. Au fil des années, j’ai changé de secteur. Après le 13ème, le 7ème, j’ai livré le 15ème mais toujours sur la rive gauche.

Je connais chaque rue. C’est infiniment plus facile pour travailler dans de bonnes conditions. Un nouveau conducteur perdrait beaucoup de temps et justement le temps nous n’en avons pas assez. Ne connaissant pas bien sa tournée, il ne pourrait pas faire les 30 livraisons dans la demi-journée. Croyez-moi, on n’a pas le temps de s’amuser. Il ne faut pas songer à une pause-café. Entre la tournée du matin et celle de l’après-midi on a juste le temps de manger rapidement. L’après-midi on fait des enlèvements mais aussi beaucoup de livraisons qui ont été enlevées le matin dans Paris ou en banlieue grâce aux 2 fois par jour.

Notre premier souci est vraiment le stationnement. Il n’y a pas assez d’emplacements réservés aux livraisons. Certains automobilistes, en plus, ne respectent pas les interdictions et occupent les places qui nous sont réservées. On essaie de gêner le moins possible la circulation mais dans certaines petites rues, on est bien obligé de rester arrêtés un certain temps. Livrer un magasin en rez-de-chaussée se passe relativement vite mais dès qu’il faut monter en étage, le temps de stationnement est obligatoirement beaucoup plus long. Les automobilistes n’apprécient pas et très souvent on se fait agresser verbalement.

À Paris tout le monde est pressé ! Les embouteillages sont une autre contrainte. Je ne fais pas toujours ma tournée dans le même ordre ou dans l’ordre que j’ai choisi. Je suis obligé de modifier mon itinéraire en fonction des embouteillages et de la circulation.

Je livre aussi bien des particuliers que des entreprises ou des administrations, des magasins également. Les magasins n’ont plus de surfaces de stockage aujourd’hui et de ce fait nous les livrons pratiquement chaque jour. Même si on est content de voir des clients habituels, à Paris on n’a pas le temps de bavarder. C’est beaucoup plus difficile d’avoir un relationnel pour moi que pour mes collègues qui livrent en campagne et ont le temps de connaître un peu mieux les clients.

Le plus désagréable et difficile est de livrer sur des Salons. Par exemple, à la Porte de Versailles, il y a des horaires extrêmement stricts à respecter pour entrer et ensuite il faut trouver les stands dans des halls immenses. Cela prend un temps fou. Quand on livre des particuliers, on a quelquefois des difficultés pour entrer dans les immeubles. J’ai, la plupart du temps, le numéro de téléphone du client et l’appelle pour qu’il vienne m’ouvrir. Mais quand je ne l’ai pas, je renseigne le Visiotr@cer de l’impossibilité de livrer en l’absence du destinataire.

J’aime beaucoup mon métier, j’y suis bien et je n’ai pas envie de changer. J’aime bien les gens et les contacts. Et puis il y a la liberté ! Dans mon camion, je suis maître après Dieu et ça n’a pas de prix. Je n’ai pas de chef derrière moi, je m’organise comme je veux pourvu que le travail soit bien fait. J’ai toujours aimé travailler seul. Ce métier correspond à mon tempérament. J’ai déjà travaillé dans des ateliers mais ma vie c’est d’être libre et mon métier me permet de l’être.

Et puis, je rencontre aussi des gens connus. Je livre au domicile de ministres, de sportifs, de chanteurs et même de sélectionneurs de l’équipe de France ! C’est sympa de connaître leurs adresses et de rentrer chez eux même si, bien sûr, je n’en parle pas. Mais la livraison de fleurs à une présentatrice célèbre ou d’une plante destinée au balcon fleuri d’une ancienne ministre de la justice, font de beaux souvenirs. J’ai même livré dans le 6ème arrondissement un ancien Président de la République qui m’a ouvert lui-même et qui a été très sympa.»

Reportage livraison Paris